POURSUIVRE LE MAGAZINE
Décembre 2019

Édito

Rejoignez-nous !

Vous vous apprêtez à délaisser ce que l’on nomme la vie active, à moins que ce ne soit déjà fait.

Vous quittez une période de votre vie où vous vous êtes investi, dans votre entourage, sur le plan professionnel et plus largement au sein d’un monde qui n’a cessé d’évoluer.

Une autre période de vie s’ouvre devant vous, que vous aimeriez tout aussi féconde, peut-être même plus encore.
Vous désirez substituer au cadre parfois contraint du passé des choix nouveaux, librement consentis.

Vous voudriez mettre à profit le temps qui se libère pour aller plus loin et donner du sens à de nouveaux engagements au sein de la société.

Vous aimeriez partager avec d’autres votre expérience, mais aussi vos questionnements et vos inquiétudes, tant sur ce monde qui continue à évoluer que sur votre propre vie confrontée au vieillissement. Et le faire avec des femmes et des hommes qui partagent des valeurs proches des vôtres..

Vous rêvez aussi d’aller à la découverte du monde qui nous entoure, au-delà des sentiers battus du tourisme. .

Vivre ensemble ces moments de partage, riches, constructifs, festifs et chaleureux…

De ma fenêtre

Léonard, le génial inachevé

« Tu as vu « l’homme de Vitruve » ?
– Non. Il y avait trop de monde ; j’étais trop loin ! Tout le monde prenait des photos ! C’était infernal »

Les deux amies sont frustrées à la sortie de l’exposition. Ce petit bonhomme de 35 cm sur 26, finalement ni l’une ni l’autre ne l’aura vu ! Malgré leur parcours du combattant : la réservation sur internet, les longues minutes d’attente à la porte du Louvre donnant droit à une heure pile de visite. « L’homme de Vitruve », transporté avec des précautions infinies dignes du Saint Sacrement, rejoindra Venise avant même la fin de l’exposition le 24 février prochain. Trop fragile, ce dessin du jeune homme parfait.

Il y a tant d’autres manières de découvrir, de s’émerveiller, de s’émouvoir devant l’oeuvre protéiforme de Léonard de Vinci, devant l’homme aussi : en visitant tout tranquillement sa dernière demeure, le château du Clos Lucé à Amboise par exemple. On y déambule en toute proximité avec l’homme et une partie de son œuvre, celle-là qui lui tenait le plus à cœur puisqu’il l’avait emportée avec lui, à travers les Alpes en 1516 et qu’il y vécut jusqu’à sa mort en 1519. Sainte Anne, Saint Jean-Baptiste et, bien sûr la Joconde furent du voyage et imprègnent le lieu de leur perfection. Les originaux occupent les musées mais ici on rêve dans l’inachevé, l’imaginé, le pas encore fini, le toujours possible. Les dessins, les esquisses, les maquettes : c’est le règne de l’inabouti.

Et puis il y a ce parc, magique, enchanteur, aux arbres gigantesques diffusant une sensation d’harmonieuse complétude. Tout au long des allées, on bute sur ces drôles de machines qui surgirent de l’esprit de Léonard de Vinci, à l’état de croquis : char d’assaut, roue à aubes, hélicoptère, parachute, machine volante et tant d’autres engins hydrauliques et appareils bizarres révélant un imaginaire luxuriant qui furent réalisés en maquettes des siècles plus tard grâce à IBM !

« Philosophe de cour, fabuliste de palais », Léonard de Vinci s’est amusé, peut-être pour « divertir et émailler la conversation de bons mots », à écrire des maximes, des fables et des devinettes (1) qui nous le présentent sous un jour tout à fait inattendu et combien séduisant ! Voilà encore une jolie manière d’aborder ce génie universel ; par la petite porte, celle du presque minuscule bouquin qu’on garde jalousement sur sa table de chevet parce que c’est si bon de s’endormir après avoir lu quelques phrases d’apparence anodine mais qui donnent à réfléchir ou à sourire…
Quelques exemples parmi ses maximes?

« L’âge qui avance court en cachette et nous trompe, et il n’ait aucune chose qui aille plus vite que les années. »

« Quand la Fortune passe à ta portée, saisis-la d’une main ferme et attrape sa chevelure par devant parce que derrière elle est chauve ».

« Le bronze sera tel que l’aura fait le moule ».

« Demande conseil à qui sait se corriger ».

« Le conseil le plus loyal est celui que l’on donne depuis un navire menacé de faire naufrage ».

« On ne devrait pas désirer l’impossible ».

« L’ivrogne avale le vin. Le vin se venge en le saoulant ».

Ou encore, parmi ses devinettes :

« Et pour avoir soufflé trop vite et trop fort, ils perdront la vue, puis toute pensée et tout sentiment » Réponse : éteindre la lampe en allant au lit.

« Le vent qui traverse la peau des bêtes fera danser les hommes » Réponse ?

« On arrachera les enfants des bras de leurs propres mères à grands coups de bâton, on les jettera par terre et on les déchirera » Réponse ?

Les réponses sont dans le magazine : vous les trouverez en poursuivant votre lecture…

Le comité éditorial

(1) « Maximes, fables et devinettes ». Léonard de Vinci. Edition Arléa. 2002

Mais la plus grande artiste en ce domaine , n’est-ce pas Dame Nature, elle-même ?






Photos Jean Sabiron

Beaucoup d’artistes, et d’innombrables graphistes ont célébré et adopté les divines proportions du génie italien…

…. mais le graphique « ressemblant », et le plus frappant, des derniers mois n’a rien d’artistique :

il provient de la fiche technique d’un brevet innovant de la société AMAZON, en 2018:

Un bracelet ultrasonique qui donne «périodiquement» de petites impulsions à celui qui le porte, histoire de le rappeler à l’ordre ou, en termes plus techniques, afin de «surveiller une performance relative à des tâches assignées» .

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Evénements à venir

Voyage

Le Maroc autrement

C’est un Maroc insolite, loin des clichés touristiques qui sera la destination du prochain voyage de Poursuivre.

Pendant douze jours, , du 20 au 31 octobre 2020, nous irons à la rencontre d’un Maroc traversé par l’Histoire et les traditions toujours vivantes, à la découverte de ces héritages à travers la spiritualité soufie, la visite de confréries, l’écoute des chants et des récitals de poésie mystique.

Le Maroc d’aujourd’hui, éco-citoyen, riche d’associations féminines, d’aide aux migrants du Sahel, de coopératives paysannes en agro-écologie et permaculture nous accueillera dans sa diversité et sa modernité.

Nous serons reçus dans des familles, nous rencontrerons des enseignants, des paysans, des jeunes…

Un voyage qui a du sens !

Strasbourg

Des innovations à découvrir

Depuis bientôt 30 ans,
POURSUIVRE organise chaque année dans une ville différente un voyage d’une semaine :
les Filières du Futur.

Comment rester informés des innovations qui se développent en France ?

Comment garder un contact avec les entreprises, les chercheurs, les nouvelles technologies ?

Comment connaître les responsables de haut niveau, les acteurs d’innovations annonçant l’avenir ?

Occasion de réflexion sur les enjeux des technologies présentées, les Filières du Futur invitent chacun à prendre une bonne distance par rapport au savoir institué, dans un climat d’échanges et de confrontations au sein même du groupe des participants.

Elles ne sont pas destinées à des spécialistes. Pluridisciplinaires, elles sont faciles à suivre au niveau technique et ainsi ouvertes à tous et à toutes.

Cette année, les Filières sont organisées par le groupe local de Strasbourg du 22 au 27 mars 2020
(qui les avait déjà organisées en 1994 !)

Anjou

Un séminaire savoureux

« Nourrir l’humanité au XXIe siècle », tel sera le thème du séminaire conçu et orchestré par Bruno Parmentier, ancien directeur de l’Ecole supérieure d’agronomie d’Angers et poursuivant du groupe d’Angers, qui se déroulera à La Pommeraye en Anjou du 24 au 29 mai 2020.

Sur une planète aux ressources déclinantes, comment pourrons-nous produire suffisamment sans pour autant dégrader la nature ? Que signifie se nourrir bien et comment éradiquer la faim dans le monde ? Comment remplir avec conscience le panier de la ménagère ?.

Voilà quelques grandes lignes de ce séminaire auquel nous pouvons nous préparer en consultant le site de Bruno :

La vie dans nos régions

Bruxelles

Des batisseurs de ponts

A Bruxelles, on aime depuis longtemps construire des ponts. Entre les cultures et les générations.

Le groupe Poursuivre de Bruxelles, fidèle à la tradition humaniste du Mouvement et soutenu par le dynamisme de cette capitale d’une grande richesse multiculturelle, s’est lancé depuis dix ans dans une aventure exemplaire : favoriser le dialogue avec d’autres cultures, notamment musulmane, en partenariat avec des acteurs citoyens issus de l’immigration..

Au fil du temps, l’amitié s’est approfondie, les préjugés et les malentendus ont été dépassés, la confiance mutuelle s’est épanouie. Pour aller encore plus loin dans ces échanges toujours plus exigeants, un partenariat a été établi avec des associations oeuvrant à tisser des liens entre les générations et les cultures, à éduquer les jeunes des quartiers à la citoyenneté, à développer le dialogue interculturel et le droit des femmes, etc.

« L’urgence est dans l’action pour contrer les préjugés et les idées reçues qui ne font qu’alimenter une peur de « l’autre différent », disent ces personnes engagées au long cours. Avec ou sans voile. Avec ou sans kipa.

Entre cultures et âges, construire des ponts…

En application de la démarche humaniste du Mouvement, le Groupe Local de Bruxelles poursuit à travers le ‘Carrefour Interculturel et Intergénérationnel – le C2i’ une relation proche avec des acteurs citoyens issus de l’immigration. Cette relation, initiée il y a dix ans, évolue selon les besoins et les circonstances. Ayant été d’abord un lieu d’échanges et de débats, elle se focalise maintenant sur le dialogue avec d’autres cultures et sur un soutien multiforme auprès d’associations créées par des personnes issues de l’immigration afin d’éduquer leurs jeunes à la citoyenneté.

Historique

Les initiateurs du C2i, que leur parcours personnel a rendus attentifs à tout ce qui concerne les relations entre peuples et cultures, trouvaient dommage de vivre à Bruxelles, une ville particulièrement riche de ses populations, et de ne pas entrer en relation avec l’une d’elles : la population de religion musulmane. Des contacts furent pris, et le groupe se constitua autour d’une douzaine de personnes dont deux musulmans trentenaires, les autres étant bien plus âgés. Cette particularité de notre groupe en fait également sa richesse : jeter des ponts entre cultures et âges.

Au fur et à mesure du temps, le groupe a grandi pour compter à un certain moment une vingtaine de membres. Mais il a évolué aussi, comme on le verra plus loin. Les années passant, nous avons pu constater une certaine lassitude chez nos amis musulmans qui souhaitent passer à autre chose qu’au sempiternel questionnement sur leur croyance et leur culture.

Évolution

Il a fallu, pendant les deux premières années apprendre à se connaître pour s’apprivoiser : se familiariser avec le parcours de jeunes musulmans, nés en Belgique ; évoquer les questions sociales, scolaires liées à ces parcours. Les questions du port du foulard, de l’égalité hommes-femmes, de l’intégration, secouèrent nos échanges mais furent l’occasion d’établir une relation de confiance. L’objectif du groupe étant par la connaissance mutuelle, de dépasser préjugés et malentendus, les sujets qui crispent n’ont pas été évités. Dès le début, on a pu noter des attitudes frisant le paternalisme chez certains, et chez d’autres, des interrogations quant à la démarche de gens qu’ils n’avaient guère eu l’habitude de fréquenter.

Graduellement, nous nous sommes rendu compte que la réflexion ne suffirait pas, qu’il fallait aller plus loin. Nous sommes allés à la rencontre de plusieurs intervenants qui sont venus partager leur expérience ou leur conviction. Et puis, encore plus loin, nous avons voulu aller à la rencontre des jeunes et de leurs parents, majoritairement de confession musulmane.

Cela nous a amené à lancer des partenariats avec des associations s’occupant de jeunes, le plus souvent animées par des Belges bénévoles, de confession musulmane, offrant généreusement leur temps libre pour, en complément de l’école et des familles, pallier les manques et rencontrer les besoins des enfants et adolescents des quartiers, en matière d’extension sociale, culturelle et économique.

Les objectifs principaux visent à combattre l’échec scolaire en apportant un soutien et une remédiation aux jeunes en difficulté ; à renforcer les apprentissages (culturel, social et éducatif) par l’interface du dialogue et de l’écoute ; à développer des compétences transversales via des ateliers spécifiques.

Au fur et à mesure du temps, les membres du C2i se sont chargés d’organiser des visites thématiques : musées, expositions, spectacles, des excursions vers des villes d’art de Belgique, (ci-joint à la Grand’Place de Bruxelles) ou des visites des lieux de la démocratie : les Parlements.

Le présent

Les échanges entre nous ne suffisent plus. D’une part les membres musulmans du carrefour sont pour la plupart fortement engagés dans la vie professionnelle, mais aussi associative. D’autre part, certains ressentent le besoin d’agir, au-delà des rencontres ‘entre nous’ où la routine s’installe.

Nous avons entamé des échanges avec des membres d’autres cultures, notamment avec un Rabbin (v. photo) et nous comptons à la demande des Musulmans rencontrer prochainement un prêtre catholique de rite maronite.

De plus, une relation que l’on peut qualifier de ‘partenariat’ s’est nouée avec deux associations dont les chevilles ouvrières sont membres du C2i. Il s’agit de « éveil » et de « darna ».

A la base, éveil – une association sans but lucratif – a pour objectif le suivi d’adolescents et de jeunes adultes dans leur difficulté d’établir des liens cognitifs au niveau des apprentissages, le but étant de redynamiser la motivation du Jeune et de le libérer du sentiment d’exclusion.

Il en résulte que l’une des missions a trait à l’éveil de la citoyenneté en menant, entre autres, des réflexions permanentes, et ce dans une approche préventive portant sur la déconstruction des logiques stéréotypées de la société. On s’attelle à tisser du lien entre les générations et les cultures, ainsi qu’à favoriser l’égalité au libre accès à la culture. Recours est fait à des approches interculturelles en vue de dépasser la peur de l’altérité et d’entrer en relation avec l’Autre. On s’insère ainsi dans une volonté de rapprochement à autrui, dans un esprit de coopération et de synergie des différences.

L’émancipation des femmes fait également partie des missions. Cette finalité s’insère dans une volonté de libération de la parole des femmes et de lutte contre les discriminations à leur endroit.

Le lien avec l’association et sa coordinatrice, Malaa Ben Azzuz (présente aux Journées d’étude 2017) date de quelques années ; aujourd’hui plusieurs membres du C2i collaborent bénévolement à son école : cours de Français et d’Anglais, (table de conversation anglaise ci-joint) échanges sur la citoyenneté, formation à la démocratie, promotion de la Femme, etc..

Une nouvelle piste se présente à notre partenariat avec ÉVEIL qui souhaite notre collaboration. Le Ministère de l’Enseignement et de la Culture de la région francophone de Belgique vient de lancer un Appel à Projets intitulé ‘PCI – Promotion de la Citoyenneté et de l’Interculturalité’. L’objectif en est le suivant :

 

En application du Décret du 8 mars 2018 relatif à la Promotion de la Citoyenneté et de l’Interculturalité, le projet soutient des initiatives tendant à renforcer le vivre –ensemble et se décline en trois grands axes :

  • l’éducation des jeunes à la citoyenneté dans un contexte multiculturel ;
  • le dialogue interculturel et la lutte contre le racisme ;
  • les droits des personnes migrantes, en particulier le droit des femmes.

 

Dans chacun de ces axes l’un ou l’autre membre du C2i pourra apporter son point de vue, sa vision, découlant de sa culture. D’une certaine manière alors, on dépasse le ‘vivre ensemble’ pour entamer le ‘faire ensemble’.

Quant à darna – qui en arabe signifie ‘notre Maison’ –qui se situe dans un autre quartier de Bruxelles, la démarche est un peu différente. Le coeur de l’activité de l’asbl Darna est le soutien scolaire et l’accompagnement de jeunes de 6 à 18 ans. En parallèle, elle implique les familles dans ce processus grâce à l’organisation de tables rondes parentales mensuelles, des camps de vacances familiaux annuels, des excursions, des activités sportives etc. Plusieurs membres du C2i ont par le passé collaboré à la mise sur pied de rencontres et de débats.

Tout récemment, darna ont invité les membres du C2i à participer à un projet d’envergure qu’ils appellent : ‘Timeline – 2019-2022’ puisqu’il va s’étaler sur trois ans.

Ce projet d’accompagnement des jeunes met en place un dispositif destiné, d’une part à provoquer un changement significatif et durable dans la trajectoire de vie des jeunes ; et d’autre part à acquérir des compétences incorporées dans leur propre expérience de changement. Il s’agit d’une formation qui « fait ce qu’elle dit et dit ce qu’elle fait ». L’impact de la formation est recherché par des moyens intellectuels, physiques, pratiques et identitaires. On vise essentiellement la notion d’apprentissage par la pratique.

Une première réunion tenue en novembre a fait surgir un malaise relatif au vivre ensemble dans nos sociétés européennes. Lors de cet échange s’est manifesté un réel besoin de définir les bases d’un monde meilleur, d’une gouvernance mondiale centrée sur l’humain, son bien-être matériel et spirituel sans aucune distinction de races, de religion, de classe sociale… Dans le prochain atelier qui s’étalera sur une durée de 45 jours se développera un débat qui devra déboucher sur une définition du ‘monde rêvé’. Le déroulement ainsi que les objectifs souhaités de chaque phase ont été définis. Il est intéressant de noter que les animateurs musulmans de ce projet font appel à la pensée d’Edgard Morin pour soutenir la réflexion.

Pour conclure

Nous sommes bien conscients qu’à la manière du ‘colibri’, l’activité du C2i n’est qu’une goutte d’eau qui n’arrivera pas à éteindre l’incendie de préjugés, d’ignorance et de haine que l’on voit brûler un peu partout. Mais en essayant de rester fidèles à la pensée de Poursuivre, il nous apparaît que nous ne pouvons faire l’impasse sur l’action.

En effet, le temps des commentaires et des dénonciations est révolu. Nous estimons que l’urgence est dans l’action pour contrer les préjugés et les idées reçues qui ne font qu’alimenter une peur de ‘l’autre différent’.

Ramenée au niveau de la personne de part et d’autre, nous sommes convaincus que l’œuvre est utile. Ceci non pas dans une optique ou une attitude ‘paternaliste’, mais parce que le processus bénéficie à tous – il est, comme on dit, ‘donnant-donnant’. Notre culture chrétienne a beaucoup à apprendre du culte de la transcendance dont font preuve nos amis. Ils nous aident à retrouver le sens de l’hospitalité gratuite et du respect des plus âgés. Leur engagement bénévole à éduquer leurs jeunes dans une optique citoyenne estr aussi exemplaire.

Nous aurions aimé que des actions semblables au C2i, adaptées aux circonstances, puissent fleurir ailleurs dans le Mouvement. Au C2i nous sommes prêts à participer à toute initiative en ce sens.

Paris 17e

Une journée à la Cité judiciaire

Pour les Poursuivants parisiens, ce fut une rude journée : au printemps dernier, 25 d’entre eux ont eu le privilège de visiter la nouvelle Cité judiciaire, située Porte de Clichy, sous la houlette d’une guide de l’Office de Tourisme.

Ce complexe architectural dû à l’architecte Renzo Piano ne laisse pas indifférent. Avec sa tour de 38 étages culminant à 160 mètres, ses 10 000 m2 de terrasses arborées, ses 90 salles d’audience, ses 30 000 m2 de bureaux et sa salle des pas perdus de 5 500 m2, la Cité judiciaire constitue une véritable ville ultra-moderne dédiée à la justice que ses concepteurs ont voulu ouverte sur le monde.

En hommage à Marie-Anne, auteure de ce compte rendu.

Toulouse

Dans la jungle des fake-news

Une journée pour réfléchir

Info ou infox ? Comment s’y retrouver dans cette jungle d’informations qui se déversent nuit et jour sur nos écrans, petits et grands, dans nos radios et nos journaux ?

Le groupe PSV de Toulouse a débattu de ce sujet hautement d’actualité toute la journée du 3 décembre avec l’aide de trois professionnels des médias.

Avec ses deux milliards d’abonnés, son chiffre d’affaire de 60 milliards de dollars et ses 16 milliards de bénéfice, Facebook a envahi la planète tout comme Google et ses 140 milliards de dollars … une info gratuite échappant à toute vérification, à tout contrôle. Dans cette concurrence entre médias traditionnels soumis à des règles déontologiques respectées par des journalistes professionnels et réseaux sociaux totalement libres, comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

D’abord par une prise de conscience, étayée par le recours à des outils permettant de trier le vrai du faux (décodex, désintox entre autres). En refusant de se laisser guider par la passion, la haine, l’émotion, la peur dans ses choix.

Ne pas céder aux rumeurs, aux sirènes de l’argent et du pouvoir, au dénigrement et à la sinistrose ambiante …

A entendre les poursuivants, grands consommateurs d’information, participer à cette journée passionnante, les médias traditionnels culturels et de haut vol ont encore de beaux jours devant eux !

Besançon

30 ans déjà !

En septembre, l’équipe de Besançon a fêté son trentième anniversaire !

Les adhérents les plus récents ont échangé sur l’histoire de l’équipe locale de Besançon avec celles et ceux qui l’ont fait vivre et progresser pendant ces trente années. L’âge des 120 personnes présentes s’étalait entre 60 et 98 ans, ce qui témoigne de la grande harmonie qui règne entre générations.

Le groupe local qui compte actuellement plus de 150 personnes organise de nombreux ateliers, conférences, voyages et visites découvertes, des repas festifs sans oublier les « jeudis de l’été » où, chaque semaine, tous ceux qui ne peuvent plus se déplacer se retrouvent chez l’un ou l’autre.

Cette journée anniversaire, si elle a rappelé le temps écoulé, est déjà tournée vers l’avenir et tous ses possibles. L’équipe d’animation assure une belle continuité en lien avec les quatre démarches du Mouvement.

En route pour les 50 ans de Poursuivre !

Anjou

L’art en étude

Aux Jardins de l’Anjou, plus de trois cents Poursuivants, venus de toute la France et de Belgique se sont retrouvés en septembre, pour étudier, échanger, partager, créer au cours de nos traditionnelles Journées d’étude du Mouvement (JEM), sur le thème : « L’Art, un élan vers l’Autre ! » Tous les groupes d’Ile-de-France, avaient uni leurs efforts pendant deux ans pour que cette semaine angevine soit une réussite à partir de notre fil conducteur :

« L’Art joue un grand rôle dans les rapports humains, et contribue au mieux vivre ensemble »

Les journées d’étude 2019 en Anjou

Invités à un élan vers l’autre, entrer en art comme en résistance, s’engager et transmettre…

Ce fut un viatique pour chaque journée, une rencontre avec trois « passeurs d’art » décrivant comment par la peinture, le cinéma et la musique, ils aident un public marginalisé à sortir de leur condition de vie ; une autre avec un historien d’art nous servant de guide vers divers tableaux, nous expliquant comment l’artiste nous déloge de nos évidences pour nous en faire découvrir d’autres ; une troisième avec des jeunes qui ont choisi de devenir artistes, danseur, chanteuse, luthier, ingénieur paysagiste, exprimant avec justesse leur engagement artistique dans la société.

Mais nous n’étions pas seulement spectateurs : un après-midi durant, transformés en « écoliers en Art » nous avons participé à divers ateliers animés par des artistes ou amateurs éclairés : du « vitrail » à la « calligraphie », en passant par « la musique », « l’écriture », le « cinéma » et « les collages ». Le « chant choral » côtoyait la « danse contemporaine » ; la « poésie et la sophrologie » flirtaient avec les « clowns ». Et le « regardeur » interpellait le « photographe ».

La journée consacrée à la découverte du patrimoine angevin a partagé l’assistance en petits groupes, de l’abbaye de Fontevrault au château de Brissac en passant par Saumur et sa cité équestre, Angers et sa tapisserie de l’Apocalypse, Nantes et ses drôles de machines, sans oublier la Loire en gabarre, les jardins de Maulévrier et nos randonnées pédestres : une belle partie de la richesse patrimoniale de la région a été explorée.

Pour conclure ces journées si riches, nous nous sommes retrouvés devant un panorama de photographies, autre manifestation artistique, portant témoignage des découvertes passées. Dans un climat dynamique, nous nous sommes donné rendez-vous aux prochaines JEM 21 que nos amis du Groupe de Lille-Escaut préparent sur le thème « Ensemble, inventons un monde fraternel ».

Non sans avoir gardé dans nos mémoires cette phrase d’Edgar Morin : « L’Art et l’esthétique doivent contribuer à la poétisation de la vie ; la merveille de l’art, la merveille de la culture est de pouvoir nous rendre plus humains, moins fermés, moins égocentriques, plus compréhensifs, plus complexes. »

Lu pour vous

Et si vieillir libérait la tendresse

Livre Et si vieillir libérait la tendresse de Marie de Hennezel et Philippe Gutton

La tendresse est une force, une puissance qui invite à vivre, à aimer et à désirer autrement.

En avançant sur le chemin de la vie, éclosent de nouvelles émotions. C’est à cette « éclosion » de la tendresse que s’attache ce livre : une découverte de l’avancée en âge en quelque sorte. Quelle est la nature de cette embellie de l’âge ? Quel rôle joue-t-elle dans l’accomplissement d’une vie ?

Les auteurs explorent le vécu d’hommes et de femmes engagés dans la deuxième partie de leur vie.

Idéal de tendresse, espérance de réparation, construction du lien… autant de pistes qui ouvrent de nouvelles voies de réflexion.

François Sureau- « Sans la liberté »

« Sans la liberté »… « de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » poursuivront les fidèles lecteurs du « Figaro » reprenant la célèbre phrase de Beaumarchais, devise du quotidien parisien depuis 1826.

« Sans la liberté, il n’y a rien dans le monde, elle seule donne du prix à la vie ». C’est de cette liberté-là, celle défendue par Chateaubriand, que nous parle François Sureau dans un petit livre décapant et infiniment plus roboratif que les propos de Beaumarchais.

Avocat, écrivain et ami proche d’Emmanuel Macron, François Sureau dresse un bilan sans concession des restrictions des libertés publiques en France depuis plus de vingt ans. « L’air de la liberté se raréfie », écrit-il, dénonçant tour à tour « ceux qui ont la charge de contrôler et de commander les agents de la répression », « les gouvernants qui s’impatientent de la liberté », les mesures antiterroristes, les restrictions au droit de manifester, les encouragements à la censure et tant d’autres dispositions qui transforment peu à peu « le citoyen en sujet ». « Le citoyen a disparu au profit de l’individu », écrit-il.

François Sureau, plus attaché au sens de l’honneur qu’au « pavillon des droits de l’homme », laisse percer à la fois sa rage et son profond pessimisme face à ce constat désespéré – « nous serions devenus incapables de former à nouveau le projet politique de la liberté »- , celui de nous abandonner à « une servitude consentie ».

« Sans la liberté ». François Sureau.- Tracts Gallimard. 2019.

Les devinettes de Léonard :

« Le vent qui traverse la peau des bêtes fera danser les hommes » ?

Réponse : la cornemuse qui fait danser.

Revue Esprit, décembre 2019 – Editorial

Nous aussi

L’éditorial de la dernière livraison de la revue Esprit s’intéresse à son tour à ce qu’un grand nombre de journaux appelle « l’affaire Haenel ». Intitulé NOUS AUSSI (#MeToo). Il met en lumière trois aspects de cette affaire :

  • l’entretien enregistré dans les locaux de Mediapart fait suite à une enquête menée par une journaliste du site et l’attitude de l’actrice, plus combattante que victime, a immédiatement placé l’entrevue sur le plan politique, la présence d’Edwy Plenel ne pouvant que confirmer.
  • ce que demande Adèle Haenel : faire changer les hommes et non éliminer des monstres. Dans le monde du cinéma, mais dans bien d’autres lieux, des hommes se sont autorisés à profiter du corps des femmes (ou de celui de jeunes enfants). C’est contre cette autorisation que s’insurge l’actrice.
  • écrit avant qu’Adèle Haenel se tourne finalement vers la justice alors qu’elle refusait de porter plainte, les remarques de l’éditorial gardent toute leur force. En effet, si l’on refuse le passage devant le tribunal, ne serait-ce pas un rejet du système judiciaire ? « Le spectacle médiatique ne peut servir de substitut à la justice ».

« Adèle Haenel nous a lancé un immense défi politique : changer une société encore trop patriarcale et inaugurer de nouveaux rapports entre les sexes, les genres et les générations, au centre desquels seraient préservées la dignité des personnes et l’intégrité des corps ».

Extrait d’Esprit, décembre 2019, p.5/7

Sur la route de Parkinson

« En 2003, le diagnostic de Parkinson me jette à terre. Refusant la perspective de la dépendance, je mets en oeuvre toutes mes ressources pour guérir plutôt que subir.
Je décide de comprendre le sens de ma maladie, en acceptant mon histoire personnelle, longtemps niée. M’appuyant sur diverses approches complémentaires, conjuguées à la médecine allopathique, je me relève. En chemin, je regagne ma place dans la lignée, retrouve l’amour de moi et des autres, et reprends le pouvoir sur la maladie… Au point d’aller maintenant mieux qu’avant son déclenchement !
J’ai écrit ce livre pour tous ceux et celles qui, atteints d’une maladie, ont envie de décider de la place et du rôle qu’elle prendra dans leur vie : partenaire ou ennemie ? C’est une invitation pour le lecteur à trouver des pratiques qui lui conviennent, tout en tenant compte des conseils des spécialistes. »

Claire Garnier est membre du groupe local Poursuivre de La Brie

Claire Garnier. – Sur la route de Parkinson.- Albin Michel, 2019

Les devinettes de Léonard :

« On arrachera les enfants des bras de leurs propres mères à grands coups de bâton, on les jettera par terre et on les déchirera » ??

Réponse : les noix, les olives, les glands, les châtaignes et autres fruits semblables.

Zadig

Annie Ernaux, en sa vérité

« Je pense aux bombardements, au bruit des avions qui tournent dans le ciel et qui m’ont causé des moments de grande frayeur » se souvient Annie Ernaux au début de sa longue et belle conversation avec Eric Fottorino qui ouvre le dernier numéro de la revue Zadig intitulé « Heureux comme Dieu(x) en France ? ».

Après « ce traumatisme difficile à mesurer » d’une enfance passée sous les bombes en Normandie, Annie Ernaux aborde « ce christianisme du XIXe siècle » dans lequel elle a baigné, « celui de la faute et du péché, de la mort comme délivrance ».

Au fil des pages, se déploie une mosaïque de portraits, d’identités multiples, de regards croisés de personnalités connues ou anonymes, de celles qui peuplent la France profonde. On côtoie des scouts musulmans en Côte d’Armor, des fidèles d’une synagogue de Limoges, des pentecôtistes de Créteil, ou des Réunionnais vivant joyeusement dans « un syncrétisme singulier et anarchique » ; on savoure les analyses éclairées d’un Olivier Roy ou d’un Hervé Le Bras et de tant d’autres « plumes » de grande qualité.

Choisir Annie Ernaux et son parcours de vie si représentatif de notre société française actuelle comme phare de ce remarquable numéro de Zadig : un véritable bonheur à déguster sans modération !

Zadig, n°4. – 19 €